1 ) Le chagrin en héritage

                                          

    Roman autobiographique

 

    Lien vers l’INTERVIEW

 

SECRET  

C’est un joli mot le secret, mais parfois sombrent dedans des vies entières…

Ainsi débuta l’histoire de Nane

Un secret de famille … La recherche de ses racines …

Apprendre que l’on n’est pas qui l’on croit être, voir sa vie basculer, se retrouver sans repères, presque sans identité. C’est d’une violence incommensurable, ça blesse, ça détruit votre cœur, votre âme, votre esprit et même parfois votre corps.
Douter de tout, ne plus se retrouver dans un sourire aimé, ne plus savoir si l’on est du Nord, du Sud ou bien d’ailleurs.
Et puis chercher, chercher encore ..
Dans le regard des uns, dans la mémoire des autres… Tenter de trouver la clé du secret, la clé du mensonge. Ne plus manger, ne plus dormir, vouloir disparaître de la surface de la terre…
Hésiter entre rage et espoir… Fouiller un grenier, dépecer un album photos, renverser une vieille malle… User ses semelles…
Chercher on ne sait où, on ne sait comment, on ne sait pourquoi…
Prendre un avion, arpenter un hall de gare, emprunter un chemin inconnu…
Toucher du doigt une vérité qui s’évapore toujours
Recommencer, repartir, tricoter son passé avec son présent…Sans trou dans l’ouvrage et, pour cela, rattraper la maille glissée du mensonge.
Haïr Dieu, haïr le diable et tenter de se reconstruire par sa seule volonté !


Annie K. Barbier
Le chagrin en héritage
Aux Editions Encre Rouge

 

DEUX ENFANTS AU SOLEIL

Cette chanson- là était sortie depuis quelques années quand j’ai rencontré le grand amour de ma vie. C’était en 1968. Nos vies étaient brûlées par les deux bouts, la sienne par sa passion de la musique, la mienne par un destin implacable. Mais lui et moi, c’était quelque chose d’incroyable. On rêvait d’innocence, on rêvait d’insouciance, on rêvait d’océan et de soleil.

On n’avait que l’amour, mais quel amour ! Il m’avait dit : « Mon amour, un jour viendra où nous serons ces deux enfants là. Je connais une crique dans une île perdue. » Je m’y voyais déjà un jour d’été, à me pendre à son cou. Nous écoutions cette chanson en boucle.

Mais la vie fait de nous ce qu’elle veut… Nous n’avons eu droit qu’à un hiver…Quelques mois …qui ont rempli mon existence. J’ai écrit un jour qu’on n’a qu’un amour dans sa vie…Un comme celui-là, c’est certain !

Depuis, j’en ai fait des voyages vers l’océan ! J’ai couru dans l’eau sans tenir sa main. J’étais l’oiseau à fleur de l’eau et lui l’oiseau envolé aux cieux éternels d’où l’on ne revient pas.

Il y a des enfants qui ne sont pas destinés à vieillir …

Annie K.Barbier

 

Voilà, ce livre est sorti .. LE CHAGRIN EN HÉRITAGE

http://encrerouge.fr/boutique/le-chagrin-en-heritage

C’est bête à dire .. J’en connais par coeur chaque ligne et pourtant quand je le lis, je me demande encore, comme je le disais à une de mes nièces, je me demande encore si l’âme fragile que je suis, cachée derrière la femme décidée et battante, a le droit de crier, de céder à la rage, à la colère, à la révolte. 

Qu’importe ! Je me suis passée de toutes les permissions.

Je tourne les pages, presque incrédule. Quarante ans de ma deuxième vie ont occulté longtemps la première qui pourtant m’a forgée.

Je ne l’ai pas écrit pour moi mais pour ceux que j’aime. Ce livre c’est aussi un cri d’amour à mes enfants. Jamais, au grand jamais, je ne voudrai leur laisser en héritage la souffrance qui fut la mienne. Je leur ai donné ce que j’ai pu et, une chose est sûre, les morts ne partiront plus jamais en silence.

Annie Kubasiak-Barbier

 

Je ne suis pas ton père

C’était un soir d’hiver, entre pluie et brouillard…
Je t’ai regardé partir, histoire sans paroles…

Pas un mot n’est sorti de ma bouche et pourtant mon cœur hurlait si fort. C’était bien ça mon problème, l’incapacité à dire les choses. Tu m’as brisée en trois minutes avec six mots qui résonnent encore comme autant de coups de poignard. Ils sont gravés à tout jamais au creux de moi. J’aurais pu hurler, tempêter, supplier, m’évanouir, que sais-je encore. Mais non. Je suis restée calme, imperturbable et dévastée. La rue luisait comme un miroir aux alouettes.
 
J’ai entendu claquer la porte de l’entrée. Tu t’es éloigné en volant mon enfance, happé par la nuit qui tombait. On n’imagine jamais qu’on peut devenir l’héroïne improbable d’un secret de famille du genre que personne n’aborde jamais, même pas entre les lignes, du genre de ceux dont on fait des films. Et puis, il y a des regards plus violents que les mots. 

Quarante-six années ont passé et je pourrais décrire chaque motif du papier peint de la salle à manger, un affreux papier crème, orange et marron avec des dessins géométriques hideux. Je crois bien que j’ai dû les fixer pendant une journée complète, sans boire, sans manger, quasiment sans respirer. 

J’ai voulu disparaitre de la surface de la terre, j’ai voulu casser l’infime lien qui me tenait à la vie mais j’ai survécu à la douleur. Et je me suis relevée, plus forte qu’avant le séisme.
Un père est fait pour protéger ses enfants, pour les aimer, surtout quand ils n’ont plus de mère.

Mais le jour se lève toujours après la nuit, c’est la seule chose immuable de l’existence, la seule vérité. Un jour pousse un autre jour et nous laisse toujours une chance .. 

J’ai appris ça et je m’en servirai jusqu’au bout du temps qui me reste. 
Annie Kubasiak.Barbier

Un jour… Un jour… Quelques notes de musique… 
Un concert en plein air , un regard, un moment de grâce. Comment dit-on déjà ? un ange passe ! Oui c’est cela. La liesse sur la place du village, ça me rappelle la chanson de Piaf quand j’y repense ! Sauf que moi, la foule ne me l’a pas pris, elle me l’a offert. Oui, offert ! Le mot n’est pas trop fort. Un regard rieur, des cheveux blonds , quelques mots .. Mademoiselle ? Tiens, mais c’est à moi qu’il parle ! Il me tend sa guitare. Vous voulez essayer ? Je suis désolée, j’aime la musique mais je n’y connais rien. Je m’esquive. Il me rattrape. .. S’il vous plait, écoutez moi ..
On s’est revus trois ou quatre jours après. Et là, je vous jure, les jours sont longs comme des semaines. Je suis allée le voir en concert.  Adieu guitare ! Il jouait du piano , divinement. Je suis tombée des nues. 
Mon musicien des rues était pianiste.
 
Annie Kubasiak-Barbier
Et un jour briser le silence …
La voix, celle qui parle mais encore, celle qui chuchote, celle qui murmure, celle qui se plaint, celle qui gémit, celle qui chante, celle qui gronde, et celle qui crie.
Je ne supporte pas les cris, depuis longtemps. J’en ai été abreuvée, saoulée. Les cris m’ont un moment vouée au silence total presque à l’asservissement. Les cris m’ont laissée si souvent sans défense, en souffrance et sans voix. Et puis un jour, les cris m’ont menée à pousser des hurlements de bête blessée. Je hais les gens qui crient mais aujourd’hui j’élève la voix,  en douceur et avec des mots appuyés et acérés, par la magie de l’écriture.

Nane… ou cinq lettres pour un destin
SECRET – TRAGÉDIE – ESPOIR – ENFER – TRAHISON

Annie Kubasiak-Barbier
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