C’était avant…Bonne Année

Je vous parle d’un temps…

Les vacances de Noël lorsque nous étions enfants, c’était aussi et surtout la corvée des cartes de vœux à envoyer à toute la famille, Pépé, Mémé, les oncles, les tantes, ceux qu’on aimait par dessus tout et aussi ceux qu’on détestait.

Nous tracions les mots d’une écriture appliquée en tirant la langue parfois sur des cartes infiniment kitsch, musicales et scintillantes pour les mieux lotis et sur de simples mignonnettes pour les autres. La formule était simple et nous en connaissions l’orthographe par cœur. Il fallait surtout éviter d’écraser un pâté au milieu d’un message très attendu et conservé par les destinataires, jusqu’au Noël suivant et même bien au-delà, d’autant que tout était vérifié par notre père avant la mise sous enveloppe.

Les enveloppes c’était la seconde aventure en particulier pour moi, aînée d’une fratrie de quatre et chargée d’une mission délicate, celle d’écrire les noms et adresses de chacun sur lesdites enveloppes. Mais voilà… Du côté de Maman, corrézienne de pure souche, les noms étaient faciles à retenir. Gorse, Germain, Louis, ça coulait tout seul et même les noms des villages chantaient sous ma plume. Du coté de mon père, la chose était nettement moins aisée. Toute la famille avait des noms polonais à coucher dehors, envahis de w, de y, de z, de k etc …Toutes ces maudites lettres de l’alphabet dont on se servait finalement si peu. Et les prénoms ne valaient guère mieux de Stanislas à Wanda, il y avait toujours un loupé. Kubasiak, Mackoviack, Lusczinski etc.. L’enfer total ! Heureusement, la tante Sophie avait eu la bonne idée d’épouser un Français, un dénommé Charles Perrin. Merci ma Tante, c’était déjà ça de gagné. La palme revenait à la Tante Stanis Figaszciewitch. Une année je m’étais tellement empêtrée que j’avais fini par écrire sur l’enveloppe Madame Figa, ce qui me valut une taloche mémorable et de copier 100 fois ce fichu nom.

Les années ont passé en balayant les membres de la famille. La modernité a eu raison de nos efforts d’enfants. Maintenant que je sais écrire tous ces noms par coeur, il n’y a plus d’abonnés à mes souhaits de Bonne Année. C’est bête à dire mais j’aurais bien un pincement au cœur quand j’ouvre une vieille valise en carton au fond de laquelle scintillent encore quelques paillettes décrochées de ces cartes jaunies, signées Nanou et conservées religieusement par Jeanne ma Grand-Mère adorée.

Annie Kubasiak-Barbier

Vivre d’amour, mourir d’amour.

1 Comment

  • Annie Kubasiak-barbier 25 décembre 2017 at 17 h 14 min

    Nostalgie quand tu nous tiens !

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