Aux rives du Bosphore

Yalova mon amour …

Nous étions à une époque de nos vies où nos cœurs s’emballaient, nos corps s’impatientaient, nos âmes s’enfiévraient. Il s’ouvrait tant de nouveaux chemins à nos pas hésitants, certains bien tracés, d’autres hasardeux. Mais nous n’en voulions qu’un seul et unique, un long chemin d’amour, à nul autre pareil.
Nous étions à la fois sages et fous, sages d’une raison qui n’appartenait qu’à nous, fous d’une rage de vivre exceptionnelle parce que, sans doute, nous avions déjà essuyé tant de revers de ce qu’on nomme pudiquement le destin.
Mais notre jeunesse nous fourvoyait dans une lourde erreur, celle de croire que la liberté d’aimer était universelle. Le ciel n’appartient pas qu’aux douces colombes mais aussi aux vils corbeaux. C’est ainsi que la mort de l’amour naissant était programmée. Les démons et les anges se battaient notre bonheur. Mais il y avait trop de monde en enfer. La bataille était inégale et le diable l’emporta.
Nous devînmes tel un bronze coulé, en instance d’amour pour l’éternité…

Annie K. Barbier
Le chagrin en héritage 

 

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