Le vieux rafiot

Ci-git mon corps brisé,
Aux sables désolés,
Mes rêves verrouillés,
Ma coque craquelée.

De mes haubans brisés
A ma voile crevée,
Je meurs sur les galets
Au grand soleil d’été.

Je suis un vieux rafiot,
Malmené par les flots,
Un vestige de bateau
Dont le ventre prend l’eau.

J’ai inscrit mes voyages
Carte des nuages
Et posé mes bagages,
Dit adieu au grand large.

J’écoute l’océan,
Là, couché sur le flanc,
Emporter comme avant
D’autres grands bateaux blancs.

Annie K. Barbier

La voyageuse sur le banc

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