Le prix de l’objet

 

Dans les mois à venir, il va me falloir me défaire d’une foule d’objets. J’ai un projet dans la tête et je vais devoir faire le vide autour de moi.

J’ai entassé, par plaisir voire par passion, j’ai conservé par amour ou par amitié, j’ai relégué aussi au fond d’une malle ou d’un placard parfois par dépit, parfois par indifférence…

Le temps est venu de prendre des décisions.

C’est quoi le prix d’un objet ? Souvent c’est celui de la convoitise, celui des souvenirs qui y sont attachés ou celui du détachement.

Une chose est certaine. Il en est de nombreux pour lesquels la question ne se posera pas. Après, si mon inutile devient l’indispensable de quelqu’un, j’aurai gagné mon pari.

Par contre, il est des objets qui n’ont pas d’autre prix que celui lié à nos élans du coeur. J’ai perdu en début de semaine une bague offerte par ma fille il y a trois ans pour mon anniversaire. Je l’ai toujours au doigt mais là, elle a dû glisser. J’en ai fait une maladie. J’ai failli tourner en bourrique. J’ai cherché pendant des heures. Mais mon Ange gardien veille. J’ai marché dessus pieds nus le soir avant de me coucher. Rassérénée, j’ai été.

Et en même temps, alors que je ramassais la bague, j’ai posé le regard sur le missel de Maman, celui qu’elle m’a offert avant de disparaître, toujours ouvert à la date du 27 mai, la date de mon anniversaire, là ou entre les pages elle avait déposé une image toujours conservée.

J’ai eu une sensation étrange, comme une relation de cause à effet, avec cette bague retrouvée à un demi-pas du petit meuble où dort ce livre de messe, comme un fil d’Ariane déroulé de ma mère à ma fille, elles auxquelles la vie n’a pas daigné offrir le bonheur de se connaître.

Je vais, avant de faire le tri, mettre en service MA malle aux trésors pour y coucher définitivement mes indispensables.

Mes inutiles ont du souci à se faire…

Bonne soirée à tous

Annie K.Barbier

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