Patavivi, mon voyage

« La plus petite flaque peut devenir océan lorsqu’elle rencontre l’imagination »

Je me demande seulement en regardant cette photo, si l’imagination est seulement l’apanage de l’enfance ?

Je me demande si adulte, jeune, vieux, homme, femme, pauvre, riche, d’ici, d’ailleurs, etc…je me demande si on est encore capable de rêver d’océan dans une flaque, si l’on conserve suffisamment d’innocence pour faire fonctionner encore l’imaginaire de notre esprit, lequel est sans arrêt interpellé, manipulé, torturé, overbooké.

Quand j’étais enfant, je faisais des voyages incroyables. Je partais à « Patavivi » avec ma petite valise et une petite culotte. J’allais rêver là-bas et pourtant ce n’était guère plus loin que le bout du jardin de mon Grand-Père, à l’endroit où il m’avait construit un carrousel avec des vieilles poupées trouvées au rebut, qu’il asseyait sur des boîtes de conserve, tenues par des filins et accrochées à une tôle peinte en bleue comme un bout de ciel. Je m’asseyais tout près pendant qu’il chouinait un vieille chanson en polonais et qu’il faisait fonctionner son invention. Et là, je faisais semblant de m’envoler. Plus je riais, plus il chantait fort. Plus il chantait fort, plus je riais.

Au bout d’un moment retentissait de la maison, la voix de ma grand-mère

– Nanou, viens goûter !

Et le même cérémonial recommençait le lendemain. Je vous parle d’un temps…inoubliable

On a tous, au creux de nos souvenirs, une histoire un peu comme ça non ?

Annie Kubasiak-Barbier

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