Petite Mère

Maman, c’était hier, la petite maison du bout du chemin … !
Tu n’avais rien d’une globe trotteuse. Peut-être que si la vie ne t’avait pas tant chahutée tu ne serais pas aller te perdre loin de ton village. Mais voilà ! le bonheur n’est pas pour tout le monde ici bas.

Alors tu as voulu aller voir plus loin, tu as espéré l’éclaircie mais ton ciel est resté sombre. J’ai, je crois rarement vu autant de malheurs s’abattre sur une femme !

Je pensais souvent quand j’étais enfant. « Petite mère, un jour je te garderai près de moi, je t’offrirai enfin la vie douce et belle que tu mérites »

Il y a quarante-cinq années déjà que tu as abandonné la lutte. Pas un novembre ne passe sans que je pense à Lourdes et à toi là-bas, à ce Salve regina que tu chantais si fort dans la basilique souterraine, à tes yeux tournés vers le ciel..

La maison n’a plus qu’un peu de dentelle défraîchie à la dernière fenêtre, les murs se sont écroulés, la végétation a étouffé l’allée au moins autant que la colère m’étouffa quand ton Dieu t’emporta. Dieu est grand et miséricordieux ! Ah oui ? ça dépend pour qui …!

Aux sentiers qui mènent à Chantecaille les oiseaux chantent encore la chanson que tu aimais.


Annie K.Barbier

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