Cher Aydin

Cher Aydin, 

Souviens toi de l’aéroport à Istanbul..

Ce jour là je te laissais définitivement derrière moi.

Je gardais de ton pays les dernières images de bonheur, cet hôtel de conte de fées, la maison de ta mère, ton île, le grand oiseau blanc qui me ramenait vers Paris.
Malgré notre rupture, voulue par d’autres, j’entassais dans ma mémoire des images de paix, de sérénité Tu m’avais tellement promenée pendant deux mois, tellement appris à aimer ton pays. Et moi je t’avais raconté Paris, ses folies, sa grandeur, ses ruelles cachées…

Quarante-deux années ont passé. Les souvenirs sont intacts.

Et là, hier, cette horrible nouvelle. La folie des hommes, le sang, les bombes, les larmes, les cris, dans cet aéroport où je t’ai pris dans mes bras pour la dernière fois.

Paris, Istanbul, Istanbul, Paris…

Nos pays étaient liés par l’amour, le nôtre.
Aujourd’hui, ils le sont par la haine… Celle des autres.

Dans le chaos, nos pays..Dans la peine, nos cœurs…


Annie K.Barbier
La voyageuse sur le banc

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